• 31 July 2020

Transport maritime 

 

À ce jour la reprise du transport maritime transmanche est assez marginale. En effet, en dépit d’une reprise d’activité est observée concernant la Brittany Ferries entre Le Havre et Portsmouth, un signal fort est l’annulation de sa commande du ferry « Honfleur » construit en Allemagne. Le Honfleur devait devenir un flagship de l’entreprise, moderne et propulsé au GNL, limitant ainsi drastiquement ses émissions atmosphériques. (NB : depuis janvier 2020 les seuils d’émissions d’oxydes de soufre sont encore abaissés, suite aux nouvelles normes de l’Organisation Maritime Internationale). 

A Saint-Malo, l’opérateur Condor Ferries a tenté de reprendre ses rotations mais celle-ci ont été perturbées. La société Malouine de Manutention, principale entreprise gérant les dockers de St Malo a été en effet liquidée le 24 juin dernier. Condor n’a donc pas pu accéder au port en raison d’une action syndicale. Cette dernière a aussi perturbé et empêché une escale du ferry Bretagne de la Brittany Ferries le 28 juillet. Le mouvement social étant toujours en cours fin juillet, les perspectives de reprise demeurent incertaines. 

 A ce jour, la reprise du transport transmanche est ainsi marginale.

En ce qui concerne les ports, Anvers se positionne en concurrent d’envergure face aux ports français grâce à une politique commerciale agressive, un service des navires fiable et est moins congestionné que d’autres ports européens. Sur un plan pratique, une traversée de la Manche depuis Anvers permet également d’économiser du temps de route, ce qui est apprécié par les chauffeurs routiers.

Le port du Havre est particulièrement menacé : il a engagé des  investissements massifs ces dernières décennies pour accueillir les plus grands navires porte-conteneurs affectées aux grandes lignes Asie Europe pour continuer d’être un hub international pour l’Europe mais pourrait se voir reléguer à une importance moindre face à la concurrence rude des ports du Nord de l’Europe. Cependant, le Brexit pourrait renforcer l’attractivité du Havre au détriment de Felixstowe pour le trafic non Britannique.

Quoiqu’il en soit, les ports français pâtissent de l’efficacité du port d’Anvers (et celui de Rotterdam) :  les tarifs sont plus compétitifs et le travail de manutention y est perçu comme plus efficace, plus sûr.

 

A cet égard, l’incertitude sociale est justement un des points faibles de la France. Dans un contexte de tensions sociales aigues, le risque de voir les navires déroutés vers Anvers, Rotterdam ou Barcelone est donc bien réel

 

 

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Transport routier 

 

On note un  vrai ralentissement lié au manque de flux en provenance du Royaume-Uni.

Le passage à une économie d’été est manifeste, avec un arrêt quasi-complet des activités industrielles. On parle pour l’instant d’une reprise de l’activité de transport routier au mois de septembre. Ce qui interpelle : le passage en mode estival est en avance de trois semaines sur l’agenda habituel – ce shift se faisant habituellement au début du mois d’août. De la mi-mai au 1er juillet, on observe un recul de l’activité de 30% par rapport à 2019. Sur le mois juillet, ce recul passe à 45%. Le plus gros recul s’observe côté britannique, avec très peu d’exports vers le continent.

Enfin, une question se pose concernant les flux de vins et spiritueux de la France vers le Royaume-Uni : ceux-ci ont connu une forte augmentation entre 2018 et 2019, certainement en raison d’une anticipation de réglementations moins avantageuses. Un phénomène similaire sera-t-il observé à l’automne 2020 ?

 

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